Entendu sur France info ce matin, l’immobilier reste un placement qui a le vent en poupe…
Marc FAUVELLE :
Votre décryptage sur la flambée de l’immobilier. Record historique à Paris, avec un prix au mètre carré qui flirte désormais avec la barre des 7000 euros, d’après les notaires. C’est une hausse de 10% de l’ancien sur 1 an. Sur toute la France les prix de l’ancien augmentent en moyenne de 6%. Comment peut-on expliquer ces records ?
Emmanuel KESSLER :
Oui, l’immobilier qui défit la crise, et c’est une surprise. C’est lié au fait que la demande est supérieure à l’offre.Dans le neuf on ne construit pas assez, 300 000 logements par an alors que les besoins sont évalués à 500 000. Dans l’ancien, il y a peu de biens à vendre, surtout dans les zones les plus denses comme dans la région parisienne, et en face de cela, la demande reste forte à cause de taux d’intérêt qui n’ont jamais été aussi bas, on tourne autour de 3% sur 15 ans, on était encore à 5% il y a 2 ou 3 ans.
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De durées de prêt aussi, qui peuvent s’allonger. Et puis il y a un attrait pour l’immobilier, la pierre valeur refuge en période d’incertitudes, être propriétaire c’est aussi une façon de préparer sa retraite.
Et un placement très rentable. Si vous avez investi 100 000 euros en Bourse il y a 10 ans, il vous en reste 50 000. La même somme dans l’immobilier, elle vaut aujourd’hui 200 000 euros.
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Marc FAUVELLE :
Alors, est-ce que ça va continuer ?
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Emmanuel KESSLER :
Paris c’est un cas très particulier, avec un point important des investisseurs étrangers, mais globalement cette hausse va finir par rencontrer une limite, celle de la solvabilité des ménages, de leur capacité d’achat et d’endettement. C’est particulièrement vrai pour ceux qui font une acquisition pour la première fois, pour les jeunes.
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Plus largement, le décrochage entre le prix de l’immobilier d’un côté, la croissance de l’économie et la progression des salaires de l’autre, exclue de plus en plus les classes moyennes de l’achat d’un bien, ou les oblige à s’éloigner de tous les centres urbains.
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Et donc, tout cela va finir aussi par bloquer le marché. Vous vendez plus cher si vous êtes déjà propriétaire, mais vous n’êtes pas du tout sûr de pouvoir acheter plus grand. Bref, nous sommes quand même dans une situation assez exceptionnelle, qui ne devrait pas perdurer, d’autant que les aides fiscales sont actuellement remises en cause, au nom de la fameuse chasse aux niches.
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Plus largement, le décrochage entre le prix de l’immobilier d’un côté, la croissance de l’économie et la progression des salaires de l’autre, exclue de plus en plus les classes moyennes de l’achat d’un bien, ou les oblige à s’éloigner de tous les centres urbains.
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Et donc, tout cela va finir aussi par bloquer le marché. Vous vendez plus cher si vous êtes déjà propriétaire, mais vous n’êtes pas du tout sûr de pouvoir acheter plus grand. Bref, nous sommes quand même dans une situation assez exceptionnelle, qui ne devrait pas perdurer, d’autant que les aides fiscales sont actuellement remises en cause, au nom de la fameuse chasse aux niches.